Chabrol. Je ne connais pas grand chose de son cinéma. Quand il m’arrive d’énumérer les noms de la Nouvelle Vague, je cite toujours le sien avec un hochement de tête. En fait je n’ai — pour ainsi dire — rien vu de lui. Quelques uns de ses films parmi les plus récents et c’est tout. A l’évocation de son nom je pense au Beau Serge et aux Cousins, ses premières réalisations, jamais vues en entier, je me souviens aussi de la gueule de Jean Yanne sur l’affiche du Boucher et d’une interview pas mal où Chabrol racontait qu’on ne pouvait pas parler sérieusement de cinéma sans avoir vu L’Aurore de Murnau.
Je suis donc au pied de l’oeuvre de Claude Chabrol, une grande serviette de vichy rouge autour du cou, le bout de la langue sorti, l’oeil malicieux. Un peu comme j’imagine toujours sa gueule de vieux fou. Dans ma main une grande cuillère ; me voilà prêt à bouffer de son cinéma. À la soupe !
De la soupe (au potiron), c’est d’ailleurs ce qu’on nous invite à manger à propos des Biches (dont provient la scène ci-dessus) dans Chabrol se met à table, excellent bouquin mêlant cuisine et cinéma.
Mais je m’égare. Du cinéma de Chabrol, dont il me reste encore tout à découvrir, j’ai goûté ce soir à un morceau délicieux. Par hasard vraiment.
Cette scène à la beauté inouïe est portée par la sublime Jacqueline Sassard. C’était sa dernière apparition au cinéma. Jacqueline est une étoile filante (comme l’indique le nom de ce blog spécialisé).
A la lueur somptueuse de ce soleil couchant, sous le vent amical agitant ses cheveux, dans la lenteur paisible de sa métamorphose, je cherche en vain la cause de sa disparition… Jacqueline Sassard, où es-tu passée ?
C’est beau et inquiétant. Un peu — sans doute — comme du Chabrol.
(Il y a 1 an)