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Le plan le plus triste de l’histoire du cinéma.

Il était temps que l’amateur de la Nouvelle Vague que je suis voit Monika de Bergman. Le regard caméra de la belle Harriett Anderson avait suffit à me convaincre qu’il s’agissait sans doute là d’un de ces grands incontournables qui résistent encore et toujours à ma cinéphilie.


Le regard-caméra ultime extrait de Monika

Or Monika n’est pas qu’un magnifique film. C’est, pour la Nouvelle Vague, un film absolument précurseur. Hors courant puisque datant de 1953 (6 ans avant A bout de souffle), le long-métrage de Bergman a, à l’évidence inspiré, le mouvement.

A son sujet on trouve ici quelques mots de Godard soulignant l’importance du film pour le cinéaste :

« Il faut avoir vu “Monika” rien que pour ces extraordinaires minutes où Harriett Andersson, avant de recoucher avec un type qu’elle avait plaqué, regarde fixement la caméra, ses yeux rieurs embués de désarroi, prenant le spectateur à témoin du mépris qu’elle a d’elle-même d’opter involontairement pour l’enfer contre le ciel. C’est le plan le plus triste de l’histoire du cinéma. »

Il y aurait pas mal de choses à dire sur la scène sexy et controversée à l’époque sur la plage et sur la mise en scène du couple chez Bergman. Il y aurait aussi à lui renvoyer la balle en signalant l’influence de Truffaut sur Scènes de la vie conjugale. Il y aurait…

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